Pendant l’accouchement, l’émotion est toujours au rendez-vous. Si pour certains couples cet événement est synonyme de joie, pour d’autres, il engendre de la détresse et de l’angoisse. Cela a été le cas de Shiv Charan et de Babita, un couple indien qui a dû abandonner son nouveau-né à l’hôpital.

Sommaire

1. Un bébé en guise de paiement
2. Tromperie ou consentement ?
3. L’accouchement par césarienne : une hausse inquiétante

Dans la ville d’Agra, dans l’État indien de l’Uttar Pradesh, un couple s’est retrouvé contraint d’abandonner son bébé à l’hôpital, et pour cause, il n’avait pas les moyens de payer les frais d’accouchement par césarienne. Il s’agit de l’histoire de Shiv Charan et de sa femme Babita.

Un bébé en guise de paiement

Shiv Charan et Babita sont un couple très modeste qui peine à joindre les deux bouts. Le salaire de Shiv, tireur de pousse-pousse âgé de 45 ans, est très bas et n’arrive pas à couvrir les besoins de la famille. La situation s’est d’autant plus dégradée avec la pandémie. Le couple, qui vivait une grave crise financière, était donc dans l’incapacité de payer les frais médicaux de l’accouchement.

Babita avait en effet subi une césarienne pour accoucher d’un petit garçon, le 6ème d’une grande fratrie. La maman de 36 ans a dit être tombée des nues lorsque le personnel de l’hôpital lui a dit qu’elle devait « vendre » son bébé pour régler la facture. C’est ainsi que le couple a dû remettre le nouveau-né à l’hôpital, en guise de paiement.

Tromperie ou consentement ?

Shiv et Babita, ne sachant ni lire ni écrire, ont déclaré avoir été dupés par l’hôpital. Ils ont même avancé avoir subi un chantage afin de remettre le bébé et être ainsi exonérés des frais. De son côté, Seema Gupta, le directeur de l’hôpital a déclaré que le couple a donné de son plein gré l’enfant pour adoption. Il a même affirmé ne pas avoir remis de l’argent au couple en contrepartie du bébé, comme le soutiennent Shiv et Babita. Il dit à cet effet que l’hôpital dispose des documents et des empreintes digitales du couple qui prouvent le processus d’adoption. En réponse à cela, le couple a dit avoir mis ses empreintes digitales sur tous les documents, comme ce qu’il lui a été demandé, sans se poser de questions.

Cette affaire a été rendue publique, et selon le média Times of India, une enquête a même été ouverte à cet effet. Le magistrat Prabhu N Singh a décrit cette affaire comme étant sérieuse, ajoutant que « des mesures appropriées seront prises contre les personnes reconnues coupables ».

Le média a aussi rapporté que ce genre de transactions est courant dans les hôpitaux, et que de nombreux bébés garçons sont vendus à des parents qui recherchent une adoption facile.

Naresh Paras, militant des droits de l’enfant, a déclaré que normalement chaque adoption doit suivre une procédure établie par l’autorité concernée. Et donc selon lui, l’accord que prétend l’hôpital avoir reçu de la part des parents, n’est d’aucune valeur, car la procédure n’a pas été suivie.

De son côté, le couple a confessé avoir involontairement pris le risque d’opter pour une césarienne qu’il ne pouvait pas payer, car il ne savait pas où aller pour bénéficier de soins gratuits, notamment dans ce contexte de pandémie.

L’accouchement par césarienne : une hausse inquiétante

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS, un taux de césarienne entre 10% et 15% est la fourchette optimale concernant la population, comme l’indique la source d’informations scientifiques THE CONVERSATION . En effet, un taux inférieur à 10% traduit une couverture des besoins en césariennes insuffisante, et un taux dépassant 15% révèle un risque élevé d’une pratique abusive.

Notons que cette fourchette fixée par l’OMS est un intervalle moyen qui concerne l’ensemble des femmes qui accouchent, peu importe où l’accouchement a été effectué. Ce taux concerne donc la population et ne s’applique pas aux hôpitaux où sont réalisées les césariennes et où les taux peuvent être élevés.

Les césariennes peuvent entraîner des complications, voire même des décès, surtout dans les hôpitaux qui ne disposent pas des équipements nécessaires pour ce genre d’interventions.